Jour 2

Après une première journée consacrée à la mise en perspective de l’approche “One Health” et à la présentation des premiers travaux scientifiques, le Colloque régional sur la recherche synergique pour la santé, l’alimentation et la nutrition en Afrique de l’Ouest a poursuivi ses activités, ce mardi 21 octobre 2025, à l’Université d’Abomey-Calavi. Cette deuxième journée a été marquée par des réflexions stratégiques sur les politiques publiques, des échanges scientifiques approfondis et des moments de réseautage entre chercheurs, praticiens et partenaires institutionnels.

Une table ronde de haut niveau sur la gouvernance des systèmes alimentaires

La matinée s’est ouverte par une table ronde de haut niveau modérée par Dr Sherifath MAMA CHABI autour du thème : « Gouvernance intersectorielle des systèmes alimentaires et intégration de l’approche One Health dans les politiques publiques ».

Les échanges ont réuni des universitaires, experts en santé publique et représentants d’organisations de développement venus du Burkina Faso, du Niger et du Bénin. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer les synergies entre les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’environnement et de la nutrition afin d’apporter des réponses durables aux défis sanitaires et alimentaires en Afrique de l’Ouest. Les discussions ont également mis en avant l’importance de politiques publiques inclusives, soutenues par la recherche scientifique et adaptées aux réalités locales.

Des sessions scientifiques centrées sur l’innovation

Les travaux se sont poursuivis à travers quatre sessions parallèles de communications orales couvrant les principaux axes du colloque.

Dans l’axe consacré au développement des aliments locaux, plusieurs communications ont porté sur les propriétés nutritionnelles et thérapeutiques des ressources alimentaires africaines, notamment l’utilisation du Moringa oleifera dans la lutte contre la malnutrition infantile, la valorisation des insectes comestibles et les procédés de transformation de produits locaux au Burkina Faso et au Bénin.

Les échanges relatifs aux systèmes d’exploitation agricole et aux systèmes alimentaires locaux ont mis l’accent sur l’agroécologie, les alternatives aux antibiotiques dans les élevages, les programmes intégrés de nutrition ainsi que la sensibilisation communautaire à travers le journalisme et la communication scientifique.

Dans le domaine de la qualité nutritionnelle et sanitaire des aliments et des eaux, les chercheurs ont présenté des travaux innovants portant sur l’utilisation de biosenseurs intelligents et de l’intelligence artificielle pour la surveillance sanitaire, la gestion des mycotoxines, les résistances antimicrobiennes et la sécurité sanitaire des productions animales et végétales.

Parallèlement, les communications sur les relations entre animaux et humains dans les milieux de vie et de production ont exploré des thématiques telles que le bien-être animal, les alternatives probiotiques aux antibiotiques, la gestion des déchets d’abattoirs, les risques sanitaires liés aux infrastructures d’abattage ainsi que les effets du changement climatique sur certaines zoonoses.

Une dynamique d’échanges scientifiques et de formation

L’après-midi a été consacrée au concours d’affiches scientifiques, favorisant le partage d’expériences entre jeunes chercheurs et experts confirmés, avant des séances de “points de thèse” organisées par axe thématique. Ces séances ont constitué des espaces privilégiés d’encadrement scientifique et de discussion méthodologique autour des travaux doctoraux en cours.

La journée s’est achevée par une réunion administrative entre les partenaires béninois et burkinabè du programme, consacrée à la réflexion sur la mutualisation des appuis institutionnels et au renforcement des accords de partenariat académique et scientifique.

Une deuxième journée tournée vers l’action collective

À travers la diversité des communications et la richesse des débats, cette deuxième journée a confirmé la volonté des acteurs scientifiques et institutionnels de promouvoir une approche intégrée et collaborative des enjeux de santé, de nutrition et d’environnement. Les travaux ont mis en évidence le rôle central de l’innovation scientifique, du dialogue interdisciplinaire et des partenariats régionaux dans la construction de systèmes alimentaires plus résilients et durables en Afrique de l’Ouest.